J’ai remarqué une vraie détente quand j’ai arrêté de serrer mes genoux

mai 8, 2026

L’odeur humide de la carrière, mêlée à celle de la paille mouillée, m’a saisie juste au moment où j’ai desserré mes genoux. Ce samedi matin pluvieux, au manège local, je montais mon cheval en dressage comme d’habitude, mais j’ai décidé de laisser tomber cette habitude de serrer les genoux. Immédiatement, j’ai senti une sorte de libération dans mon bassin, comme si un poids invisible s’était envolé. Cette simple action, que je pensais anodine, a transformé mon assiette. J’ai commencé à percevoir mon cheval différemment, plus calme, moins crispé. Ce relâchement a déclenché chez moi une série de sensations nouvelles, et j’ai voulu creuser en combinant ce lâcher-prise avec des exercices pour mes adducteurs au sol. Ce mélange a fait basculer ma façon de monter, et aujourd’hui, je vous raconte comment j’en suis arrivée là.

Au début, je ne savais pas vraiment ce que ça allait changer

Je suis cavalière amateur, passionnée de dressage, mais je n’ai jamais eu de coach attitré. Je m’entraîne trois fois par semaine dans un petit manège pas chauffé, souvent seule, ce qui complique un peu l’apprentissage. Mon budget est serré, alors je cherche toujours des astuces simples, qui ne demandent pas d’équipement coûteux. Le fait de serrer les genoux en selle était pour moi presque un réflexe, quelque chose que je faisais sans y penser, comme un appui naturel. Pourtant, j’avais lu que relâcher cette pression pouvait faire mieux la connexion avec le cheval, mais j’avais du mal à y croire. Je craignais surtout de perdre mon équilibre, de me sentir instable au moindre mouvement.

Je pensais que serrer les genoux était indispensable, surtout en dressage où la précision compte. On m’avait souvent dit que c’était la base pour rester bien calée, surtout pour une cavalière comme moi qui n’a pas une assiette parfaite. Je redoutais de lâcher ce point d’ancrage, persuadée que ça allait me faire tanguer, ou pire, tomber. J’avais aussi entendu que relâcher les genoux pouvait faire perdre le contrôle, ce qui m’a freinée au début. Pourtant, je savais au fond que ce serrage pouvait entraîner des tensions, mais je n’avais jamais osé tester autrement.

Au fil du temps, j’ai compris que beaucoup de cavaliers débutants ou amateurs partagent cette idée reçue. Serrer, c’est rester stable. Relâcher, c’est risquer de perdre l’équilibre. Ça me paraissait logique, mais en même temps, ça me bloquait. J’ai aussi remarqué que mes genoux restaient crispés même quand je pensais les desserrer, ce qui prouvait que ce réflexe était bien ancré. J’avais donc une sorte de double contrainte : vouloir lâcher prise, mais ne pas y arriver vraiment. Je savais que ça allait demander du temps et de la patience, mais je voulais comprendre ce que ça changerait sur mon assiette et sur mon cheval.

Les premiers jours ont été plus compliqués que prévu

Les premiers instants sans serrer mes genoux ont été bizarres. Dès que je montais en carrière, je sentais ce manque d’appui qui me déstabilisait. Mon bassin bougeait plus que d’habitude, et j’avais ce léger balancement latéral qui m’a donné l’impression d’être sur un bateau. J’ai eu du mal à retrouver une assiette stable, sans ce contact ferme des genoux contre le flanc du cheval. Pendant les dix premières minutes, je sentais que mon corps cherchait un nouveau repère, un nouvel ancrage. Ce déséquilibre m’a poussée à fermer les yeux et à respirer profondément, mais la sensation était assez déroutante.

Peu à peu, j’ai réalisé que même en voulant desserrer, je serrais encore inconsciemment. Sous mes cuisses, au niveau des adducteurs, une gêne sourde s’installait, comme un pincement qui ne voulait pas partir. Cette sensation, je ne l’avais jamais vraiment remarquée avant, mais elle m’a frappée cette fois-là. C’était comme si mes muscles refusaient de se détendre, gardant un verrouillage automatique qui empêchait mon bassin de bouger librement. J’ai compris que ce n’était pas juste une question de volonté, mais un réflexe ancré dans mon corps, une contraction involontaire des muscles psoas et iliaques, ces fameux muscles liés au serrage des genoux.

Un autre détail m’a surprise : ce que j’appelle l’effet « crocodile » dans la selle. C’est ce pincement qui se forme sous la cuisse, là où la peau est compressée contre le troussequin. Je ne m’étais jamais attardée dessus, mais en relâchant mes genoux, ce pincement est devenu plus évident, presque désagréable, limite gênant la circulation sanguine. Cette compression excessive m’a fait comprendre que serrer les genoux provoquait une tension que je n’avais jamais vraiment identifiée jusque-là.

Cet inconfort m’a poussé à chercher des solutions en dehors de la selle, et j’ai commencé à intégrer des exercices au sol pour mes adducteurs. J’ai fait des étirements simples, ciblant l’ouverture et le relâchement de ces muscles. Par exemple, je m’allongeais sur le dos, jambes pliées, en écartant doucement les genoux pour sentir l’étirement. Ces mouvements, que je faisais environ 10 minutes après chaque séance, ont peu à peu changé la donne. J’ai remarqué que mon pincement sous la cuisse diminuait, et que je pouvais mieux lâcher prise en selle. Sans ces exercices, je crois que j’aurais abandonné, car la sensation de grippage musculaire était vraiment tenace.

Trois semaines plus tard, j’ai senti que ça basculait vraiment

Un samedi, après une séance où j’avais vraiment réussi à ne pas serrer mes genoux, j’ai senti une détente musculaire quasi immédiate. Mon bassin semblait bouger avec plus de liberté, comme s’il n’était plus coincé dans un carcan invisible. Ce que j’ai ressenti ce jour-là était inédit : une fluidité nouvelle dans mes mouvements et une meilleure harmonie avec mon cheval. Il paraissait plus calme, moins tendu, comme s’il sentait ma propre détente. Cette sensation a duré plusieurs heures après la sortie de la carrière, et j’ai compris que ça avait basculé.

Mes exercices au sol ont joué un rôle clé dans cette transition. Je pratiquais des étirements ciblés, notamment l’ouverture des adducteurs, en insistant sur un relâchement progressif et contrôlé. Par exemple, j’ai testé des petits mouvements d’ouverture des jambes en position couchée, à raison de cinq séries de 20 secondes chaque jour. Cela a permis de réduire les tensions musculaires et d’renforcer la symétrie de mon assiette. J’ai vraiment vu la différence quand j’ai constaté que je pouvais monter sans serrer les genoux et garder mon équilibre intact.

Au bout de trois semaines, mes douleurs lombaires ont chuté d’environ 70%. Avant, je sentais une raideur qui me suivait après chaque séance, surtout dans le bas du dos. Cette douleur diminuait souvent en passant du temps au sol, mais revenait rapidement. Cette fois, elle a quasiment disparu, laissant place à une meilleure fluidité, notamment dans les transitions avec mon cheval. Je pouvais passer d’un pas au trot avec une aisance nouvelle, sans crispation ni tension excessive.

Ce que je sais maintenant et que j’ignorais au départ

J’ai découvert que le serrage des genoux provoque un verrouillage pelvien, un phénomène que je n’avais jamais vraiment identifié. Ce verrouillage est lié à une contraction involontaire des muscles psoas et iliaques, qui empêche le bassin de bouger naturellement. C’est ce qui crée une sorte de rigidité corporelle qui se transmet au cheval. En relâchant mes genoux, j’ai permis à mon bassin de se libérer, ce qui a facilité une meilleure mobilité et un contact plus doux avec la selle.

Par contre, j’ai appris par expérience que compenser l’absence d’appui genouillé en serrant trop fort les mollets ne marche pas. J’ai essayé de garder l’équilibre en crispant davantage mes mollets, mais ça m’a épuisée plus rapidement. J’avais des crampes dans les mollets après seulement 20 minutes, et mon cheval semblait stressé, réagissant à cette tension supplémentaire. Cette hypertonie musculaire ne faisait qu’empirer les choses, et j’ai dû arrêter cette méthode avant de me blesser.

Je pense que cette approche marche surtout pour les cavaliers de dressage comme moi, amateurs qui ne disposent pas d’équipements sophistiqués ni de coachs à temps plein. C’est une méthode accessible, qui ne coûte rien, juste un peu de patience et de travail au sol. Ceux qui veulent vraiment gagner en leur connexion avec leur cheval y trouveront un vrai bénéfice, surtout si le serrage des genoux est un réflexe ancré. Par contre, les cavaliers qui pratiquent des disciplines très dynamiques ou qui ont besoin d’appuis très fermes en concours devront peut-être adapter cette méthode.

En parallèle, j’ai essayé quelques alternatives, comme utiliser des sangles spéciales pour limiter le serrage ou changer de selle pour une modèle plus échancré. Rien n’a vraiment remplacé ce lâcher-prise volontaire et le travail régulier au sol. Ces accessoires m’ont coûté au total environ 120 €, mais l’effet était limité. J’ai compris que le vrai changement venait du corps, pas du matériel.

Mon bilan après ces semaines d’expérimentation

Ce que je retiens, c’est que ce changement de posture a transformé ma façon de monter. Je ressens plus de confort, une assiette plus stable et un meilleur équilibre. Mon cheval est aussi plus détendu, ce qui rend les séances plus agréables. Par contre, j’ai appris qu’il vaut mieux être patiente. Changer une habitude aussi ancrée que serrer les genoux demande du temps et de la persévérance. J’ai dû accepter quelques moments d’instabilité et de frustration avant de voir les résultats.

Ce que je referais sans hésiter, c’est d’arrêter de serrer mes genoux, même si ça déstabilise au début. Je continuerais aussi les exercices d’adducteurs au sol, parce qu’ils ont vraiment aidé à réduire les tensions. Et surtout, je ne forcerais rien, ne brusquerais pas le processus. J’ai appris qu’il vaut mieux lâcher prise en douceur, en restant à l’écoute de son corps et de son cheval.

Par contre, je ne referais pas l’erreur de vouloir aller trop vite ou de compenser avec d’autres crispations, comme serrer les mollets. J’ai aussi compris que négliger le travail hors selle, notamment les étirements, ralentit la progression. Ce travail au sol est indispensable, même s’il paraît anodin ou simple.

Je ne pensais pas qu’un simple relâchement au niveau des genoux pouvait libérer autant mon bassin, comme si mes muscles avaient gardé la clé d’une cage invisible. Cette clé, une fois tournée, a débloqué une liberté de mouvement qui a changé mon rapport à la selle et à mon cheval. C’est un détail qui m’a frappée, et que je n’oublierai pas.