J’ai testé six séances d’assiette sans étriers d’affilée : ce que mon dos et mes jambes m’ont dit

juin 25, 2026

Le sable m’a claqué sous les bottes un samedi matin quand j’ai lancé mon premier trot sans étriers au Centre équestre du Bois-Rond, et mes adducteurs ont répondu d’un coup. Depuis la banlieue de Nantes, j’ai roulé 28 minutes pour tester six séances d’assiette sans étriers d’affilée, 12 minutes à chaque fois, au pas et au trot. J’étais sûre de moi au départ, puis je me suis sentie bien moins solide dès la deuxième séance.

Comment j’ai organisé ces six séances sans étriers à la suite

Je montais en fin de journée, après mes articles, avec mon compagnon, sans enfants, et je calais l’essai avant que la lumière ne tombe sur la carrière. J’ai travaillé sur Ulysse, un cheval de club, avec le même filet et la même selle, dans une carrière qui gardait encore un peu de chaleur. La météo était sèche, avec un sol un peu souple, et chaque passage tenait 12 minutes, pas une .

Mon travail de rédactrice indépendante spécialisée en équitation m’a appris à regarder la jambe qui remonte avant de regarder la main. J’ai gardé le même protocole, puis j’ai noté chaque écart sur mon téléphone. Depuis ma Licence en sciences du sport (option équitation) 2014, je sépare toujours ce que je sens de ce que je mesure, et ma formation continue en éthologie équine (2017) m’a aussi donné ce réflexe.

J’ai donc filmé trois séances avec mon téléphone posé sur la lice, et j’ai lancé un chrono à chaque départ. Je travaillais sans étriers du montoir à la fin, sur des lignes droites et des cercles, avec pas puis trot, jamais plus longtemps. Je cherchais surtout la fatigue cumulative, la perte de posture et la qualité des transitions, pas un joli ressenti de fin de séance.

J’ai aussi relu les repères de l’Institut Français du Cheval et de l’Équitation (IFCE) et de la Fédération Française d’Équitation (FFE) avant de comparer mes notes. Je voulais voir si mon bassin restait mobile, si ma jambe descendait vraiment, et si Ulysse gardait le même tempo. Avec mon compagnon, sans enfants, je peux caser ce genre de test sans courir après l’horloge, et ça m’a aidée à rester régulière.

Ce que j’ai ressenti au fil des séances d’affilée, entre progrès et fatigue qui s’installe

Dès la troisième séance, j’ai été frappée par un vrai changement au trot assis. Je me suis sentie plus posée, mes jambes tremblaient moins, et mes cuisses cessaient de serrer le quartier de selle. Le bassin prenait un peu plus de place, et j’avais l’impression de respirer plus bas.

À la cinquième séance, je sentais mes jambes vibrer comme un moteur en surchauffe, et mon dos s’accrochait à la selle comme pour ne pas lâcher prise. J’avais déjà les adducteurs en feu à la descente du montoir, et la pointe du pied remontait dès le premier cercle. Pas terrible. Vraiment pas terrible.

À partir de là, j’ai vu la mécanique se dégrader vite. Je perdais la jambe longue, je pinçais avec le genou, et le quartier de selle me semblait plus présent sur l’intérieur de la cuisse. Quand je me mettais en arrière pour me tenir, Ulysse tombait sur les épaules et le contact devenait lourd. Quand je restais droite mais raide, il accélérait d’un cran, puis son dos se bloquait.

Sur un changement d’allure, l’étrier absent me manquait exactement au moment du départ, comme un appui fantôme. Je me suis retrouvée à contracter le ventre au lieu de laisser tomber la cuisse, et j’ai compris un peu tard que la fatigue arrivait avant la vraie douleur. Je suis devenue plus stricte sur la durée, et j’ai coupé le travail dès que le trot perdait sa netteté.

Ce que j’ai changé en passant à six séances espacées et ce que ça a révélé

J’ai refait six séances sur le même cheval, au Centre équestre du Bois-Rond, mais en laissant 4 jours entre chacune. Chaque passage gardait la même durée, les mêmes lignes droites et le même trot assis sans étriers. On vit à deux, mon compagnon et moi, et ce rythme m’a laissé le temps de respirer entre deux séances.

Le premier contraste a été physique. J’ai senti moins de brûlure dans les adducteurs, et mes jambes ont gardé leur longueur plus longtemps. Ma jambe cessait de remonter au bout de 5 minutes, et la pointe du pied restait plus basse. Je me suis sentie plus disponible dans le bassin, pas plus forte, juste moins coincée.

Le trot assis passait mieux, parce que je laissais le bassin absorber au lieu de pousser avec les épaules. Les transitions pas-trot étaient plus franches, et Ulysse gardait un souffle plus régulier quand je relâchais la nuque. Je voyais aussi son dos remonter puis retomber au pas, et là je pouvais vérifier si j’étais réellement assise. Ma main restait plus stable, et je tirais moins sur la bouche.

Quand j’ai espacé les séances, mon corps a enfin pu digérer l’effort, et le cheval semblait lire mes intentions sans le moindre frein. J’ai été convaincue par ce décalage simple, parce que je n’avais plus cette fatigue en cascade qui cassait tout à la cinquième séance. Je suis devenue plus prudente sur la répétition, et je regarde maintenant la récupération avant de rallonger une séance.

Ce que j’en retiens pour moi et pour celles et ceux qui veulent tester l’assiette sans étriers

Dans mon cas, ce protocole m’a parlé parce que j’avais déjà un gainage correct et des repères propres au trot assis. Depuis 12 ans comme Rédactrice indépendante spécialisée en équitation, avec près de 40 articles par an, je vois bien la différence entre un ventre qui se crispe et une jambe qui tient sa ligne. Je pense que ce format peut servir à une cavalière qui sait écouter ses adducteurs avant qu’ils se ferment. Pour quelqu’un qui accepte de travailler court, je trouve ce format plus parlant qu’un grand bloc sans pause.

Je ne l’ai pas trouvé confortable quand je dépassais ma propre ligne de tolérance, et le cheval le montrait aussitôt. Dès que je me raidissais, Ulysse raccourcissait son pas ou accélérait, et je perdais la discrétion de main. Si une douleur lombaire persiste, je m’arrête et je demande un avis professionnel adapté, parce que là je sors de mon champ.

  • 12 minutes sans étriers, puis retour aux étriers
  • un bloc au pas avant le trot
  • une séance sur deux à la longe

Je garde aussi un truc très simple en tête : quand la cuisse brûle, je raccourcis avant que la position ne parte de travers. C’est ce mélange qui m’a paru le plus propre, avec moins de jambes qui remontent et plus de calme dans mes mains.

Au Centre équestre du Bois-Rond, je suis rentrée avec un verdict net : après 3 séances, mon assiette était plus posée, mais dès la 4e et la 5e, la fatigue cumulée dégradait trop la qualité. Si l’objectif est de fractionner l’effort et de couper dès que le dos tire, ce test a du sens. Si l’on veut enchaîner six séances propres d’affilée, je ne le retiens pas.